dimanche 17 mai 2015

Apprendre à être des enfants, apprendre à être des parents

Aujourd'hui, on dirait que la patience n'est pas au rendez-vous et que la hâte de s'en aller au Québec se fait de plus en plus sentir. Les enfants nous ont demandé beaucoup (ou peut-être que c'est nous qui nous sommes moins disponibles...). Je vous mentirais si je vous disais que c'est facile de s'adapter à ce nouveau rythme de vie. Il y a énormément d'ajustements pour toute la famille. Marquis et moi avons l'impression de former une bonne équipe de parents, mais sommes constamment en questionnements pour savoir si nous intervenons de la bonne façon, si nous sommes trop sévères versus pas assez, si nous faisons bien de leur laisser faire telle chose, si notre intervention peut influencer notre lien d'attachement avec nos enfants... etc. Bref, nous nous remettons beaucoup en questions et voulons faire le meilleur pour nos trois cocos. Nous avons suivi quelques formations pré-adoption pour être mieux préparés à ce qui nous attendait comme réalité avec le monde de l'adoption, mais nous n'avons pas appris à devenir parents. Nous l'apprenons "à la dure" ou sur le tas, comme on dit. Il n'y a pas de recette miracle ou de modes d'emploi que plusieurs personnes nous diront. Il faut essayer de faire le meilleur pour eux afin qu'ils comprennent que ce sont nous leurs parents et c'est nous qui veillent à leurs besoins. Les enfants ont de la difficulté je pense à saisir leur rôle dans la famille. C'est quoi être un enfant au sein d'une famille au fond? Je ne sais même pas s'ils le savent eux-mêmes! Ils connaissent c'est comment de vivre avec un groupe de 30 enfants; là ou ils doivent se partager les éducatrices, là ou ils doivent vivre en communauté (je devrais plutôt dire: vivre dans la jungle), là ou ils ont un horaire hyper serré et que tout est décidé pour eux... Mais dans une famille de cinq comme la nôtre, il y a plus de "temps morts", de moments seuls avec les parents, de moments ou ils ont l'impression d'avoir plus de contrôle sur tout et rien (heure de coucher, repas, habillement, etc.).

Je pense que c'est très difficile pour nos enfants de comprendre que c'est papa et maman qui décident pour eux. Ou peut-être bien que ce sont des tests qu'ils nous font afin de voir si nous sommes assez solides pour leur dire non... Ils sont constamment à nous contredire ou à essayer d'avoir le dernier mot sur tout. Ce n'est pas toujours évident. J'aimerais bien pouvoir leur expliquer, mais les barrières de la langue font parfois en sorte que nous prenons la décision et nous ne leur fournissons aucune explication en retour, car de toute façon ils ne comprendraient pas. Nos deux garçons, à 6 et 8 ans semblent être dans une phase du "non" très active... Ce n'est pas à deux et quatre ans que cela se passe habituellement? Logan est plus docile. Lorsque nous lui disons non pour quelque chose et que nous lui faisons comprendre que c'est nous qui décidons, il comprend quand même assez rapidement et se rétracte relativement vite. Maxim, pour sa part, a plus de difficulté à céder. Il aimerait pouvoir tout contrôler. Je ne sais pas si c'est parce qu'on lui a tellement dicté comment agir en orphelinat que là, il a l'impression d'être "lâché lousse" donc il en profite...?! Nous ne pouvons pas savoir! En tout cas, ce que nous constatons avec lui c'est qu'il nous contredit sur énormément de choses: attacher le manteau, le temps qu'on reste au parc, le jeu auquel on joue, l'émission que l'on regarde à la télévision, le temps de sortir de la douche, l'heure d'aller au lit... etc!! On entend des "niet" un nombre incalculable de fois dans une journée! C'est vraiment tannant et cela joue sur notre patience. Nous essayons tant bien que mal à le faire céder et lui faire comprendre que ce sont nous les parents et c'est nous qui décidons pour lui. Il semble vouloir qu'on lui laisse énormément de liberté pour tout décider, mais ce n'est pas conseillé de faire cela avec des enfants adoptés. En fait, ils ont besoin de parents qui les encadrent et qui leur montrent que ce sont eux qui ont le contrôle de la famille. Parfois, je me dis que nous ne sommes peut-être pas encore assez stricts envers les enfants si Maxim continue de nous tester de la sorte?! Enfin, nous allons rester constants et un jour, il comprendra bien que cela ne donne rien de vouloir constamment nous obstiner sur tout. Il comprendra qu'il ne sortira pas gagnant très souvent à ce jeu. Cela va sûrement le frustrer (il est un champion dans le "boudage", le "fronçage" de sourcils et probablement les insultes russes), mais comme on se dit Marquis et moi, il aura sûrement oublié lorsqu'il aura 18 ans. Ce que nous faisons pour nos enfants aujourd'hui (on pourrait appeler cela de l'armée!!) nous récompensera plus tard. En tout cas, nous le souhaitons!

7 commentaires:

  1. Il n'y a pas de guide d'emploi pour etre PARENTS, seulement celui de notre cœur, avec de la patience, de la tolérance, de l'écoute et de l'AMOUR !!! Il y a certaines journées ou c'est bullshité, mais demain sera peut-être meilleur !!!! Continuez dans la RIGUEUR et les résultats seront la , j'en suis certaine Ne mettez pas en doute votre role de PARENTS, !!! Le plus beau est a VENIR !!! Babouchka xxx

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    1. Jeanine, j'aime tellement ta réponse, elle rejoint la mienne. Une journée à a fois et à la grâce de Dieu.
      Serge

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  2. Cela nous rappelle beaucoup de souvenirs! Il y seulement un an, nous étions à votre place à Kiev mais cette fois avec 3 plus vieux. Il est difficile pour eux de savoir ce qu'est une famille et comment trouver sa place. De plus, ils ne comprennent pas ce qui se passe et la suite des choses. Nous, nous le savons mais eux non et c'est souvent l'anxiété et l'inconnu qui les font agir de la sorte. Ne vous inquiétez pas pour l'attachement, il se fait jour après jour même après une année. Et la langue n'est pas une barrière, elle devient secondaire. C'est sûr, c'est choquant de ne pas se comprendre mais ça viendra rapidement. On dit souvent que l'attachement et l'adaptation peuvent être aussi longs que le temps passé en orphelinat. Le temps à Kiev n'est pas facile pour personne et nous avons souvent les émotions à fleur de peau et les enfants le ressentent. Malgré les livres lus, les formations suivies et toute la préparation faite, je crois que le meilleur est son instinct parental, sa confiance et son ouverture de cœur. Il faut lâcher la théorie et le cérébral pour laisser place à notre instinct et faire confiance en nos compétences parentales et laisser le doute de côté! Je le sais vous y arriverez. Ce n'est pas toujours facile mais je vous garantie que vous vous trouverez des compétences insoupçonnées dont vous serez très fiers. Nous, ça fera bientôt une année et nous apprenons encore à nous connaître et nous apprenons toujours notre rôle de parent et eux celui d'enfant et de vivre dans une famille mais nous regardons tout le chemin parcouru et nous sommes heureux. Il en sera de même pour vous. Le temps arrange bien les choses. Ça me fâchait au début mais il faut laisser le temps au temps et vous verrez la progression impressionnante.
    Bon dernier droit et le retour approche!

    Mélissa et Pascal

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  3. Bon, je suis toujours en train de copier ou citer les autres... et cette fois-ci c'est au tour de Mélissa et Pascal. Ils ont tout dit. Ce n'est pas facile de devenir parents du jour au lendemain. Même si on attendait ce jour depuis longtemps, c'est parfois difficile de rester patients. Même quand on sait ce que nos enfants ont vécu, on oublie qu'ils ne sont que des enfants avec tout plein d'émotions et de soucis. Même si on fait de notre mieux, parfois on se questionne et on se demande si on aurait dû faire autrement. On était comme ça au début et on le fait encore plus de 4 mois après notre retour. Tout est nouveau pour tout le monde et la vie en Ukraine n'est pas facile. On a hâte de revenir chez nous, on est fatigué et on s'ajuste à la vie en famille. Comme Mélissa et Pascal l'ont si bien dit, il suffit de regarder vers l'arrière pour voir combien de progrès on a fait. Moi j'ajouterai que vivre au jour le jour aide aussi. Il ne faut pas trop se mettre de pression, trop se poser de questions ni trop s'inquiéter. En plus je vous invite de regarder vers l'avant - l'avenir vous réserve de belles surprises à 5. La vie en famille c'est difficile et merveilleux tout en même temps. Courage les amis. Vous reviendrez bientôt et vous allez être très fiers de vous tous pour le parcoure que vous aurez fait en moins de 2 mois! xxx

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  4. C'est comme un bon livre qu'on ne peut déposer tellement on a hâte de lire la suite ! Tu me fais me coucher tard ! Je suis très contente d'avoir découvert votre bloc sur le tard..... ça me fait beaucoup à lire.!
    Maxim , il est habitué d'être le capitaine du bateau et de veiller sur son frère et sa soeur !
    Il lui faut le temps de re-devenu un petit garçon. Si tu peux, fais toi traduire l'histoire du capitaine de bateau du livre de Johanne Lemieux . Le bien que cette lecture avait fait à Zackary lorsqu'il avait près de 8 ans , juste avant d'aller chercher Kélia. Moi aussi, je me regarde aller des fois et je me trouve sévère. ...la différence ici, mon fils me comprend bien, et quand on discute, lorsqu'il est calme , je lui demande des suggestions de conséquences, juste pour voir , et il me sort des conséquences plus sévères que celles que je lui donne ! Et il me dit, continue d'être sévère avec moi Maman , ça fonctionne ! ... lâchez -pas, à long terme, c'est clair que ça portera fruit !

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  5. Désolé pour les quelques fautes.... le correcteur automatique fait de drôles de choses des fois ...

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  6. Je suis désolée. Je suis terriblement en retard dans la lecture de votre blog... :( Je prends tout de même le temps de vous écrire. Ne lâchez pas! Ce n'est pas facile, mais vous y arriverez. Je ne suis pas encore parent alors je ne sais même pas ce qu'est la réalité d'être parent, encore moins d'enfants adoptés. Par contre, je vous connais et je sais que vous faites ce qu'il y a de meilleur en écoutant votre coeur. Je crois que peu importe le sujet dans la vie, il est difficile d'être toujours sûr d'une décision ou d'une action. Mais je pense que lorsqu'on se questionne, nous sommes déjà sur la bonne voie... car on a le soucie de bien faire. Maxim finira par comprendre. Je pense fort à vous ! xxx

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